Alain Juppé, l’homme providentiel…?

Alain Juppé compte participer à la réfléxion sur la campagne pour l'élection présidentielle (© TF1-LCI)

Le Ministre des Affaires étrangères, maire de Bordeaux, et ancien Premier-ministre, fait depuis quelques semaines une percée médiatique très remarquée alors que la côte de popularité du Gouvernement peine à redécoller après le battage médiatique autour des primaires socialistes (il est à noter à ce sujet que les chaînes de télévision ont été mises en demeure par le CSA pour non-respect du pluralisme au profit du Parti socialiste).

Alain Juppé était ce mercredi matin l’invité de France Inter – se refusant toujours à aller sur le plateau de Jean-Jacques Bourdin. Il a ainsi commenté les bisbilles qui se font de plus en vives entre le Premier ministre François Fillon et la Maire du 7e arrondissement de Paris et députée européenne Rachida Dati. Cette dernière, offusquée que le Premier ministre « ose » se présenter aux élections législatives sur son pré carré, a lancé une violente offensive dans les médias à l’encontre du Premier ministre – avec qui elle avait eu de nombreux différents lorsqu’elle faisait partie du Gouvernement.

Le n°2 du Gouvernement a ainsi indiqué qu’il jugeait « ces disputes détestables. Il faut arrêter de s’envoyer des noms d’oiseaux. C’est la défaite assurée pour tout le monde ». Une des voix qui compte à droite, se pose donc en rassembleur et chercher à apaiser les tensions au sein de la majorité, alors que le PS se rassemble derrière son candidat François Hollande. Alain Juppé est considéré comme un recours crédible en cas de non candidature du Président en exercice. Ainsi, 26,8% des Français estiment qu’il serait le plus à même de se présenter en 2012 si Nicolas Sarkozy ne se présente pas, arrivant juste derrière…François Fillon, qui recueille 27% d’opinions favorables (Sondage Ipsos-Le Point du 5 octobre 2011).

À qui prêterait au « meilleur d’entre nous » des ambitions présidentielles, il répond sans équivoque que Nicolas Sarkozy est « le meilleur président pour les années qui viennent« . Alain Juppé précise même « je l’aiderai dans la campagne, je m’engagerai car il faut dire la vérité aux Français ».  Or, on le sait, qui s’engage pleinement dans une campagne participe ensuite à l’Exécutif. Ainsi, François Fillon, principal soutien et contributeur à la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 s’est vu remercié par un poste de Premier ministre. Ce mécanisme parait normal puisque le principal soutien d’un candidat à l’élection présidentielle, est en général celui qui connaît le mieux les engagements pris, et est le plus à même de les mettre en application. Cette déclaration est d’autant plus révélatrice que le maire de Bordeaux ne s’était engagé qu’à minima derrière Nicolas Sarkozy en 2007, refusant de s’impliquer totalement dans la campagne.

Alors Alain Juppé Premier ministre? Cela ne paraît pas improbable, à l’heure où les Français attendent qu’on les rassure, et demandent que des réels hommes d’État gouvernent à la destinée du pays. Alain Juppé répond à ces deux critères. De plus, l’ancien Premier ministre aurait également le mérite de rassembler l’ensemble de la famille, tant il fait consensus par sa prise de hauteur et sa distance avec les bisbille partisanes et politiciennes. Enfin, son expérience gouvernementale, sa rigueur couplée d’une réelle allégeance au service de l’État pourrait être appréciée alors que nos compatriotes attendent que l’on redresse l’état des finances publiques afin de ne pas se retrouver dans la situation de la Grèce.

Autant d’arguments qui pourraient plaider en faveur d’un engagement fort d’Alain Juppé dans la campagne pour l’élection présidentielle, faisant de lui un candidat au poste de Premier ministre, à même de répondre à l’image d’homme d’état que cherche à développer François Hollande.

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Des élections en trompe-l’oeil…?

Quel bilan tirer des élections cantonales qui viennent de se dérouler?

À première vue on pourrait dire sans trop s’avancer : une victoire du Parti socialiste, une défaite de l’UMP et un coup de force avorté du Front national. Mais il semble que les choses soient plus compliquées que cela…

Si avec 36,2% des suffrages exprimés, la victoire du PS est incontestable, alors que l’UMP n’a obtenu que 18, 6%, cette victoire est à relativiser pour deux raisons. Tout d’abord le taux record de 55,22% d’abstention, vient restreindre la portée du score socialiste. De fait, rapporté aux suffrages exprimés le score du PS ne s’élève plus qu’à 16,2% et celui de l’UMP à 8, 3%. Des scores minimes qui ne reflètent en rien l’opinion publique, tant les suffrages exprimés représentent une minorité de citoyens.

Ensuite, si les socialistes ont bel et bien remporté cette élection, leur gain net de sièges reste limité par rapport aux élections de 2004 et 2008, marquées par des victoires incontestables et incontestées de la gauche. Le parti majoritaire à gauche a remporté 4 conseils généraux, la droite un seul. La différence nette est donc de 3 départements remportés par la gauche, ce qui représente donc – même si la gauche a progressé en sièges dans nombre de départements – une avancée mineure. Par ailleurs, l’UMP a réussi à récupérer un département hautement symbolique : le Val d’Oise, qu’il avait perdu en 2008 pour la première fois depuis sa création. Symbolique également puisque que le département est celui de la ville de Sarcelles, bastion de Dominique Strauss-Kahn jusqu’à sa nomination au FMI en 2008.

Enfin, on annonçait avant ces élections et dans l’entre-deux-tours une percée historique et la réussite de la stratégie de Marine Le Pen à la tête du Front national. Qu’en a-t-il été? Pas grand chose si ce n’est qu’il a obtenu un score important de 15,06% au premier tour, qui a résonné comme un avertissement lancé par les électeurs au gouvernement, et qui constitue un signe que le danger existe bien de lancer dans le débat public des thèmes sur lequel le FN n’a plus à démontré son aisance… Cependant le parti d’extrême droite n’a pas réussi à convertir l’essai, n’obtenant que 10% des voix au second tour.

La percée du Front n’aura donc été que médiatique, à défaut de se convertir en sieges dans les conseils généraux. Mais cela pourrait suffire à lui frayer un chemin vers 2012…

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Le FN en route pour 2012?

Le père Le Pen a laissé la place libre a la fille pour rénover en profondeur le Front National

Inquiètant. C’est le premier adjectif que l’on pourrait attribuer au sondage Ifop-France Soir publié ce vendredi 25 mars.[1] Selon ce sondage, à la question « Pensez-vous que le Front National est un parti comme un autre? », 45% des sondés répondent « oui ». Stupeur. Et gros titres. Mais il ne faudrait pas s’arrêter là dans l’analyse.

Si 45% des Français estiment que le parti d’extrême droite est « un parti comme un autre », cela veut-il dire qu’ils estiment que le Front National est aussi apte à gouverner que n’importe quel parti de gouvernement? Non, certainement pas. En effet, le FN est un parti comme un autre. Il a des statuts, des membres, un comité éxécutif, une présidente…etc. Et il s’inscrit dans la lutte pour le pouvoir et le débat d’idées. Cela ne veut pas dire pour autant que 45% des Français adhèrent aux idées du Front National. Pour preuve, à une autre question de la même étude « Le Front National est-il dangereux pour la démocratie », 64% des sondés répondent par l’affirmative. Même au sein des sympathisants frontistes 17% jugent que le parti dont ils se sentent le plus proche (au niveau des idées) pourrait être nuisible au bon fonctionnement de la démocratie française.

Le quotidien assène un autre chiffre dévoilé par le premier institut de sondage français : 59% des sondés estiment que le FN « aborde des sujets, des thématiques qui [les] préoccupe ». Mais ce constat n’est pas nouveau. Le FN a toujours su mettre en avant des sujets chers aux Français : immigration, mondialisation, Europe, emploi… On se souvient du mot de Laurent Fabius à propos du FN : « Le Front National pose les bonnes questions, mais y apporte les mauvaises réponses ». Le constat est toujours vrai. Les leaders frontistes, père, puis fille, on également le don de forcer le trait en ne s’appuyant pas sur des preuves concrètes, des chiffres, mais plutôt des qualificatifs vagues mais inquiètants « excessif », « énorme », « incontrôlée »…

De plus, ce chiffre est à mettre en rapport avec un second chiffre : à la question de savoir si le FN « propose des solutions efficaces aux problèmes du pays », les sondés ne sont « plus que » 35% à répondre par l’affirmative. On en conviendra ce chiffre reste élevé, mais il n’a plus rien à voir avec les 59% de la question précédente. Et surtout, il ne veut pas dire que le FN obtiendra 35% de voix aux prochaines élections : premièrement parce que les sondés ne sont pas forcément ceux qui iront voter, deuxièmement car un parti peut proposer des solutions efficaces sans pour autant avoir les moyens de les mettre en oeuvre, ou encore de les rendre acceptables par la population.

En revanche, le chiffre important de cette étude est celui résultant de la question : « Pensez-vous que le Front National a pour objectif d’arriver au pouvoir? ». Les sondés sont 84% à répondre « oui ». Ce chiffre est, lui, réellement révélateur d’un tournant majeur dans la stratégie du FN, et du succès de celle-ci. Le FN de l’époque du père ne cherchait qu’à attirer les voix protestataires, sans développer de stratégie crédible pour arriver au pouvoir, son positionnement politique l’empêchant de passer des alliance avec quelconque parti. Le vieux Front de Jean-Marie Le Pen – qui se distinguait par ses réactions vives et à l’emporte-pièce, sa théâtralité et ses déclarations choquantes – a laissé place au Front National nouvelle génération. Ce dernier présente une image plus lisse, plus accomodante, moins choquante, sa chef de fil est avenante, calme, parle bien. Et il y a fort à parier que cela se traduise en terme de votes…


[1] Sondage Ifop – France Soir du Vendredi 25 mars 2011 : http://www.ifop.com/media/poll/1444-1-study_file.pdf

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DSK s’en va en guerre…contre les rumeurs

DSK en compagnie du Président des États-Unis lors d'un sommet international

Ira, ira pas…?  C’est la grande question qui agite les férus de politique française, et plus particulièrement les militants socialistes, et encore plus particulièrement les afficionados de Dominique Strauss-Kahn, actuel Directeur général du Fonds Monétaire International. Un début de réponse semble avoir été donné ces derniers jours…

La première pierre lancée dans la marre socialiste – dont la majorité des adhérents voient d’un mauvais oeil la candidature d’un « libéral de gauche » pour la prochaine élection présidentielle – prit la forme d’un documentaire dédié à DSK, diffusé sur Canal + dimanche dernier. Ce dernier était intitulé « Yes we Kahn ». Nous passerons ici les remous provoqués par les critiques adressées au gouvernement grec, qui ont quelque peu écorné l’image internationale du « primairisable » socialiste, pour nous intéresser à l’image qu’a voulu donner le réalisateur de l’élu de Seine-Saint-Denis. En effet, le documentaire s’intitulait « Yes we kahn », soit un mauvais jeu de mot sur le fameux « Yes we can » (Oui, nous le pouvons) du vainqueur de la dernière élection présidentielle américaine.

Mais la ressemblance ne s’arrête pas là. Un site internet – auto-proclamé indépendant – a été mis en ligne en ce mardi 22 mars « Dskvraifaux.fr », visant à contrer les rumeurs sur le candidat socialiste (problèmes de santé graves, relations extra-conjugales…). Cela ne va pas sans rappeler un certain « fightthesmears.com » lancé par l’équipe de Barack Obama pendant la campagne présidentielle américaine et visant également à délester le candidat démocrate du poids de devoir en permanence nier les rumeurs circulant à son encontre.

Coïncidence ou stratégie?

Dominique Strauss-Kahn présente la particularité d’occuper un positionnement relativement identique à celui du président américain, à gauche mais pour l’économie de marché, keynésien et non marxiste, proche du monde de la finance…et ne faisant pas l’unanimité au sein de son parti, s’exposant donc à des critiques et attaques potentielles venant des deux camps.

Il n’en reste pas moins que si Obama a pu faire campagne sur le changement, et l’engouement suscité par la candidature d’un afro-américain, peu connu du grand public et créant une réelle rupture avec la présidence Bush, DSK aura sûrement davantage de difficultés à occuper ce créneau. En effet, il a fait partie du gouvernement Jospin en tant que Ministre de l’Economie et des Finances, est un vieux loup de mer de la politique nationale hexagonale et est souvent présenté comme assez proche de Nicolas Sarkozy en dehors des plateaux télévisés. Par ailleurs, ce dernier a mis en place à l’aube de la crise économique mondiale une politique de relance keynésienne que Dominique Strauss-Kahn a également prôné…

Il faudra sans doute davantage au très probable candidat aux primaires socialistes qu’un documentaire et un site internet pour convaincre son camp…

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Des élections cantonales en guise de signal

Le premier tour des élections cantonales a été marqué par une forte abstention

Le premier tour des élections cantonales du 20 mars 2011 sont comme un coup de semonce à l’approche des élections de 2012 : le parti socialiste surfant sur la vague de mécontentement à l’encontre du gouvernement est arrivé en tête, le Front national profitant de la thématique sécuritaire imposée par le Président de la République a retrouvé des couleurs sous l’égide de sa nouvelle chef de file, Marine Le Pen, l’UMP paye les approximations de ces derniers mois et une action gouvernementale mal comprise pas les Français. Mais le grand vainqueur de ce premier tour reste l’abstention, révèlant le désintérêt des Français pour des élections dont ils perçoivent peu les enjeux.

25% des voix pour le PS, 17% pour l’UMP et 15% pour le FN. Ce trio de tête envoie un message fort à près d’un an de l’élection présidentielle. L’abstention à près de 56% (soit 20 points de plus que lors des élections cantonales de 2004) pourrait légitimer le bien-fondé de la réforme des collectivités territoriales initiée par le parti majoritaire : institution dont les compétences sont peu connues par les citoyens, élus peu visibles sur la scène politique, échéance électorale dans un creux politique… Mais elle semble davantage exprimer le désintérêt des Français pour des responsables politiques qui ont des difficultés à s’approprier les attentes de leurs administrés.

Alors qu’en retenir?

Tout d’abord que la politique sécuritaire du gouvernement, visant à attirer les votes des électeurs proches des partis extrêmes et des traditionnels abstentionnistes, ne fonctionne pas, ou peu. Il est devenu tradition de relever que le Front national soulève de bonnes questions, mais y apporte de mauvaises réponses. Force est de constater que ni le Parti socialiste, qui n’a pas souhaité s’aventurer sur le terrain glissant de la sécurité, ni l’UMP, qui a cherché à formuler des propositions sur l’immigration, la sécurité des personnes, la récidive, …etc., n’ont réussi à convaincre les électeurs de voter pour eux, et surtout de se déplacer pour voter en un dimanche ensoleillé.

Ensuite qu’il faudra compter sur le Front national en 2012. Le parti extrémiste a, de fait, réussi sa mue, passant d’un parti diabolisé et en partie desservi par l’image sulfureuse de son leader habitué des polémiques médiatiques, à un parti se rapprochant d’un parti de gouvernement à l’image du FPÖ autrichien sous l’égide de feu-Jorg Haider, ou encore de la Ligue du Nord italienne, membre du gouvernement actuel de Silvio Berlusconi.

Enfin, que le Parti socialiste ne pourra se contenter de cette victoire à la Pyrrus. Si le parti d’opposition a réussi à arrive ren tête du premier tour, son chemin n’en est pas pour autant tout tracé, tant la route vers 2012 semble longue. Premièrement, car cette victoire résonne davantage comme un vote par défaut qu’un vote d’adhésion à un projet encore flou et une posture de permanente opposition peu constructive assez peu crédible. Deuxièmement, car si les 25% des voix obtenues à des élections locales sont comparables au quelques 25,8% des voix obtenus par le PS au premier tour de l’élection présientielle de 2007, ces résultats ne sont en rien comparables et ne se rapportent pas au même nombre de votants. Ce score ne suffira pas à s’assurer une marge suffisante en 2012 avec une participation supérieure et une campagne plus clivante, potentiellement agrémentée de dissensions entre les partis de gauche, difficiles à panser au second, 2007 l’a montré, s’il en était besoin.

Ainsi, il est fort probable que ces élections locales, bien que peu révélatrices tant le désintérêt des citoyens est grand, aient des répercussions sur les 13 mois à venir. Sur la politique gouvernementale d’abord, avec une remise en cause du thème de la sécurité comme thème de campagne de 2012. Sur la posture de l’opposition ensuite, avec une nécessaire réflexion sur un programme pour l’instant assez flou. Sur la stratégie du Front nationale également, tant la personnalité de Marine Le Pen et sa critique lissée des partis de gouvernement semble avoir convaincu un nombre important de Français. Sur les partis minoritaires enfin, puisque si le Modem semble avoir payé, une fois encore, son image de parti entièrement tourné vers son leader, François Bayrou, et donc peu apte à concourir pour des élections locales peu personnalisées, si les Verts avec 8,30% des voix ont perdu de leur aura acquise lors des élections européennes de 2009, le parti de Gauche avec 9% des votes exprimés  a démontré qu’il faudrait compter sur lui en 2012…

Le signal a été envoyé, reste à voir les réponses qui lui seront données.

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Elections cantonales : quels enjeux?

Les élections cantonales, ultime test avant 2012...?

Les élections cantonales qui auront lieu les dimanche 20 et 27 mars ne passionnent pas les foules, tant le rôle des conseillers généraux reste obscur pour la majorité de la population française. Mais quoi qu’on en dise elles auront des conséquences non négligeables, en particulier dans la perspective de 2012…

Une étude CSA du 23 mars 2011 [1] révèle que seulement 23% des inscrits sur les listes électorales déclarent s’intéresser aux élections cantonales. Pire encore, plus de la moitié des inscrits (55%) ne connaissent pas le nom de leur conseiller général. Ces chiffres, viennent démontrer – s’il en était encore besoin – le désintérêt des Français pour une élection dont ils ne perçoivent ni l’enjeu, ni les conséquences. Facteur aggravant, pour la première fois depuis 1998 les élections cantonales ne sont couplées avec aucune autres élections (municipales ou régionales), ceci incitant encore moins les Français à se déplacer.

Pour autant, ces élections ne sont pas dénuées d’intérêt dans la perspective des élection présidentielle et législative de 2012. Tout d’abord car elles permettent d’avoir un aperçu de la préparation des forces politiques pour 2012. Le Parti socialiste teste ses propositions, et le score qu’il obtiendra au premier tour, donc seul, sans alliance, lui donnera une idée de son poids à gauche et de la confiance qu’ont les citoyens en sa capacité à offrir une alternative politique. Le premier étalon sera le taux d’abstention, si celui-ci est élevé – comme cela est fort probable – il sera un désaveu, certes pour le gouvernement car signe de protestation, mais également pour le principal parti d’opposition qui n’aura pas réussi à mobiliser son électorat pour envoye run signal fort au gouvernement.

Ensuite, ces élections permettront d’avoir un aperçu des forces en présence dans l’optique de 2012. Quel score fera les Verts après leur coup d’éclat des élections européennes en 2009? Feu de paille ou long feu? Quelle place sera réservée par les électeurs au Parti de Gauche de Mélenchon, omniprésent dans les médias avec ses diatribes contre, pêle-mêle, les journalistes, le gouvernement et le Parti socialiste? Le Modem va-t-il encore sombrer à l’occasion d’élection locales pâtissant encore une fois de son image de parti autour d’un seul homme, façonné pour l’élection présidentielle?

Par ailleurs, ces élections seront l’occasion de tester l’aura de Marine Le Pen sur le Front National, à l’occasion des premières élections menées par la jeune héritière sans l’appui de son père. Il y a fort à parier que le parti d’extrême-droite profite à plein de l’effet débat sur l’identité nationale, polémique sur les Roms,…etc. Si le FN réalise un score important (supérieur à 10-12%), cela aura probablement pour conséquence de remettre en cause la stratégie présidentielle sur les sujets de l’immigration et de la sécurité, initiées pour récupérer les électeurs ayant voté pour Nicolas Sarkozy en 2007 et tenté de voter pour le Front National.

Enfin, si l’abstention est forte le gouvernement – même si le score de l’UMP est faible – pourra d’autant plus justifier la légitimité de la réforme des collectivités territoriales de 2008 instituant un conseiller territorial en lieu et place des conseillers généraux et des conseillers régionaux, et supprimant de facto à l’avenir les élections cantonales. Le Parti socialiste compte, lui sur une participation élevée afin de démontrer l’attachement des Français à leur conseiller général. Mais le parti d’opposition pourra toujours interpréter une abstention élevée comme un signe de rejet de la politique gouvernementale…
Vous disiez pas intéressantes ces cantonales…?

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