Des élections cantonales en guise de signal

Le premier tour des élections cantonales a été marqué par une forte abstention

Le premier tour des élections cantonales du 20 mars 2011 sont comme un coup de semonce à l’approche des élections de 2012 : le parti socialiste surfant sur la vague de mécontentement à l’encontre du gouvernement est arrivé en tête, le Front national profitant de la thématique sécuritaire imposée par le Président de la République a retrouvé des couleurs sous l’égide de sa nouvelle chef de file, Marine Le Pen, l’UMP paye les approximations de ces derniers mois et une action gouvernementale mal comprise pas les Français. Mais le grand vainqueur de ce premier tour reste l’abstention, révèlant le désintérêt des Français pour des élections dont ils perçoivent peu les enjeux.

25% des voix pour le PS, 17% pour l’UMP et 15% pour le FN. Ce trio de tête envoie un message fort à près d’un an de l’élection présidentielle. L’abstention à près de 56% (soit 20 points de plus que lors des élections cantonales de 2004) pourrait légitimer le bien-fondé de la réforme des collectivités territoriales initiée par le parti majoritaire : institution dont les compétences sont peu connues par les citoyens, élus peu visibles sur la scène politique, échéance électorale dans un creux politique… Mais elle semble davantage exprimer le désintérêt des Français pour des responsables politiques qui ont des difficultés à s’approprier les attentes de leurs administrés.

Alors qu’en retenir?

Tout d’abord que la politique sécuritaire du gouvernement, visant à attirer les votes des électeurs proches des partis extrêmes et des traditionnels abstentionnistes, ne fonctionne pas, ou peu. Il est devenu tradition de relever que le Front national soulève de bonnes questions, mais y apporte de mauvaises réponses. Force est de constater que ni le Parti socialiste, qui n’a pas souhaité s’aventurer sur le terrain glissant de la sécurité, ni l’UMP, qui a cherché à formuler des propositions sur l’immigration, la sécurité des personnes, la récidive, …etc., n’ont réussi à convaincre les électeurs de voter pour eux, et surtout de se déplacer pour voter en un dimanche ensoleillé.

Ensuite qu’il faudra compter sur le Front national en 2012. Le parti extrémiste a, de fait, réussi sa mue, passant d’un parti diabolisé et en partie desservi par l’image sulfureuse de son leader habitué des polémiques médiatiques, à un parti se rapprochant d’un parti de gouvernement à l’image du FPÖ autrichien sous l’égide de feu-Jorg Haider, ou encore de la Ligue du Nord italienne, membre du gouvernement actuel de Silvio Berlusconi.

Enfin, que le Parti socialiste ne pourra se contenter de cette victoire à la Pyrrus. Si le parti d’opposition a réussi à arrive ren tête du premier tour, son chemin n’en est pas pour autant tout tracé, tant la route vers 2012 semble longue. Premièrement, car cette victoire résonne davantage comme un vote par défaut qu’un vote d’adhésion à un projet encore flou et une posture de permanente opposition peu constructive assez peu crédible. Deuxièmement, car si les 25% des voix obtenues à des élections locales sont comparables au quelques 25,8% des voix obtenus par le PS au premier tour de l’élection présientielle de 2007, ces résultats ne sont en rien comparables et ne se rapportent pas au même nombre de votants. Ce score ne suffira pas à s’assurer une marge suffisante en 2012 avec une participation supérieure et une campagne plus clivante, potentiellement agrémentée de dissensions entre les partis de gauche, difficiles à panser au second, 2007 l’a montré, s’il en était besoin.

Ainsi, il est fort probable que ces élections locales, bien que peu révélatrices tant le désintérêt des citoyens est grand, aient des répercussions sur les 13 mois à venir. Sur la politique gouvernementale d’abord, avec une remise en cause du thème de la sécurité comme thème de campagne de 2012. Sur la posture de l’opposition ensuite, avec une nécessaire réflexion sur un programme pour l’instant assez flou. Sur la stratégie du Front nationale également, tant la personnalité de Marine Le Pen et sa critique lissée des partis de gouvernement semble avoir convaincu un nombre important de Français. Sur les partis minoritaires enfin, puisque si le Modem semble avoir payé, une fois encore, son image de parti entièrement tourné vers son leader, François Bayrou, et donc peu apte à concourir pour des élections locales peu personnalisées, si les Verts avec 8,30% des voix ont perdu de leur aura acquise lors des élections européennes de 2009, le parti de Gauche avec 9% des votes exprimés  a démontré qu’il faudrait compter sur lui en 2012…

Le signal a été envoyé, reste à voir les réponses qui lui seront données.

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